30.10.09

Lhasa (1972-2010)

Salut, Lhasa!

Lhasa, dont la beauté irradie tel un cours intranquille tout l'horizon, femme qui chante comme on dit femme qui boit ; une voix dans le désert, ou au milieu des rues bruyantes, une voix comme la tienne s'élève et brise le mauvais sort du monde, traverse les champs d'amour avec sa herse de plumes, et les couleurs à son contact deviennent toutes couleurs de ciel, du zénith calme des midis aux orages terrifiants du crépuscule.

Lhasa, pèlerine que les intempéries marquent de leur courant en traçant sur elle des hiéroglyphes venus du fond des âges, des signes qui furent les premiers à inventer l'amour, ton chant monte en moi et libère ses étoiles dans la nuit. Je n'attends plus l'aube, je l'appelle.   Comme le philosophe qui, arrivé aux portes de la folie, pleure au cou des chevaux, je pleure aujourd’hui ta disparition en m’accrochant à ta voix.

Merci, Lhasa, d’avoir attendu jusqu’au seuil de l’année nouvelle avant de disparaître. Sans cela, 2009 aurait véritablement été la pire année de toutes, une année capable de nous décourager de la suivante. Celle-ci commence en ton absence. L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable, dit le poète. J’y vais, j’y vais. Je m’accroche à ce brin de paille comme à mon dernier souffle. Tout l’automne durant, j’avais rythmé mes jours avec ta voix :

I’m going in I’m going in
I like to see you from a distance
And just barely believe
And think that
Even lost and blind
I still invented love

Je croyais que tu étais passée de l’autre côté du miroir. Que tu étais saine et sauve, après le plus long mauvais rêve de ta vie. Je t’avais cru à l’abri. Mais ce brin de paille, c’était l’or des fous. I can’t blame you for the bad weather

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